<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://francoisprost.hautetfort.com/la_pensee_du_jour/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>François Prost - la_pensee_du_jour</title>
<description>site pédagogique</description>
<link>http://francoisprost.hautetfort.com/la_pensee_du_jour/</link>
<lastBuildDate>Mon, 21 Dec 2009 10:42:33 +0100</lastBuildDate>
<generator>Hautetfort.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2009/12/07/special-dedicace.html</guid>
<title>Spécial -- dédicace</title>
<link>http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2009/12/07/special-dedicace.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (fraprost)</author>
<category>La pensée du jour</category>
<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 15:32:56 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Pour (les deux) Evelyne(s) et autres amis des bêtes:&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&quot;Ainsi, il y avait là un psychanalyste de chats -- causeur brillant, il avait commencé par soigner des humains, mais l'obligation d'écouter en silence les monologues interminables et idiots de ses patients (il lui était du reste fréquemment arrivé de s'endormir durant les consultations) lui était devenue tellement insupportable qu'il avait finalement la sage décision de se tourner plutôt vers les chats, lesquels sont également névrosés, bien sûr, mais ils sont sympathiques et, au moins, ils ont l'intelligence de se taire.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&quot;Norfolk était l'effoyable châtiment réservé aux bagnards récidivistes; on ne peut pas dire que la férocité sadique du régime qui sévissait à Norfolk était bestiale -- ce serait diffame les bêtes qui, précisément, sont bien incapables de ces inventions-là --, il faut appartenir à notre funeste espèce pour les concevoir.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;Simon Leys, &lt;i&gt;Le bonheur des petits poissons&lt;/i&gt;, Livre de Poche, pp. 31-32 et 33.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2009/03/06/ecrire-ou-ne-pas-ecrire-that-is-the-question.html</guid>
<title>Ecrire ou ne pas écrire, that is the question</title>
<link>http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2009/03/06/ecrire-ou-ne-pas-ecrire-that-is-the-question.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (fraprost)</author>
<category>La pensée du jour</category>
<pubDate>Fri, 06 Mar 2009 12:34:24 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La Pensée du Jour vous est généreusement offerte par Thomas Thompson, protagoniste-narrateur du roman d'&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Albert Sanchez Pinol, &lt;i&gt;Pandore au Congo&lt;/i&gt; (Actes Sud, 2007)&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; -- évoquant une réflexion faite de son passage dans les tranchées de la guerre de 14, à un moment où les Allemands détruisent méthodiquement les églises romanes environnantes:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000080;&quot;&gt;&lt;b&gt;&quot;(...) Si je renonçais à la littérature pour me consacrer, simplement, à écrire des feuilletons, ce que je faisais, c'était grossir les rangs de la résignation humaine. Chaque bon livre que je n'écrirais pas serait comme un clocher détruit.&quot; (p. 261)&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2009/02/24/preuve-ontologique-de-l-existence-de-dieu.html</guid>
<title>Preuve ontologique de l'existence de Dieu</title>
<link>http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2009/02/24/preuve-ontologique-de-l-existence-de-dieu.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (fraprost)</author>
<category>La pensée du jour</category>
<pubDate>Tue, 24 Feb 2009 09:51:38 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;Selon la jeune narratrice du roman de &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Milena Agus&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;, &lt;b&gt;&lt;i&gt;Battement d'ailes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (Liana Levi, 2008, p. 81-82):&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000080;&quot;&gt;&lt;b&gt;&quot;Grand-père dit qu'il ne voudrait pas de cette femme, même si c'était la dernière restée sur terre et qu'il s'agissait de la prendre non pas sous son toit ou dans son lit, mais comme voisine de caveau. Mais la grand-mère des voisins est un être humain important parce qu'avec son cerveau plus petit qu'un petit pois, elle est la preuve ontologique de l'existence de Dieu. Comment pourrait-elle en effet, alors qu'elle manque autant de cervelle, marcher, parler, exprimer des pensées et éprouver des sentiments si l'âme n'existe pas? Donc l'âme existe. Donc Dieu existe.&quot;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2009/02/19/poupee-vaudoue.html</guid>
<title>Poupée vaudoue</title>
<link>http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2009/02/19/poupee-vaudoue.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (fraprost)</author>
<category>La pensée du jour</category>
<pubDate>Thu, 19 Feb 2009 19:15:06 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce n'est pas parce qu'on snobe &lt;b&gt;&lt;i&gt;La Princesse de Clèves&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; qu'on n'a pas de lettres: telle procédure judiciaire récente n'a pu, à l'évidence, qu'être inspirée par la lecture attentive, en très haut lieu, de &lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Balzac&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;, et de surcroît d'un des moins connus, en l'occurrence l'&lt;i&gt;Etude philosophique&lt;/i&gt; intitulée &lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Sur Catherine de Médicis&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; -- et jusqu'au bout en plus, puisque c'est près de la fin qu'on y trouve ces considérations sur les pratiques magiques, à propos de Cosme Ruggieri:&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://francoisprost.hautetfort.com/media/00/02/717430302.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://francoisprost.hautetfort.com/media/00/02/965220897.jpg&quot; id=&quot;media-1590636&quot; alt=&quot;sarkozy-saint-valentin-baratin-4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; name=&quot;media-1590636&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&quot;Il convint d'avoir fourni à La Mole une figure représentant le roi, piquée au coeur par deux aiguilles. Cette façon d'&lt;i&gt;envoûter&lt;/i&gt; constituait, à cette époque, un crime puni de mort. Ce verbe comporte une des plus belles images infernales qui puissent peindre la haine, il explique d'ailleurs admirablement l'opération magnétique et terrible que décrit, dans le monde occulte, un désir constant en entourant le personnage ainsi voué à la mort, et dont la figure de cire rappelait sans cesse les effets. La justice d'alors pensait avec raison qu'une pensée à laquelle on donnait corps était un crime de lèse-majesté.&quot;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;(&lt;i&gt;La comédie humaine&lt;/i&gt;, t. 7, Seuil - L'Intégrale, p. 224-225).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour l'anecdote, il est intéressant de comparer ce texte avec &lt;i&gt;La Reine Margot&lt;/i&gt; de Dumas (publié quelques années après), qui s'en est manifestement inspiré ici ou là (scène de torture par les &quot;brodequins&quot;; image de la figure au-dessus de la fraise comparée à la tête de Jean Baptiste sur son plateau, etc.); plus intéressant dans le cas présent, Dumas a en fait fondu (avec succès) en un seul personnage les trois figures historiques distinguées par Balzac: les deux frères Ruggieri, Cosme et Laurent, et le parfumeur René; c'est ce dernier, chez Dumas, qui concentre les attributions de parfumeur-empoisonneur, astrologue et devin de la Reine-mère, et témoin à charge au procès de La Mole (lequel La Mole, je vous le rappelle en cas de besoin, est l'ancêtre modèle revendiqué dans &lt;i&gt;Le Rouge et le noir&lt;/i&gt; de Stendhal par Mlle de La Mole : on s'est beaucoup intéressé aux personnages et aux histoires du temps des Valois dans les années 1830-1848!)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A replacer dans ce contexte (monarchie de Juillet), la tentative d'interprétation historique de Balzac (et d'autres), qui cherche dans les Guerres de Religion l'antécédent et comme le patron de l'antagonisme entre monarchie et républicanisme: le catholicisme comme colonne vertébrale de la monarchie, le protestantisme comme porteur en germe de l'esprit républicain qui annihile les différences de rang; dans cette optique, pour Balzac (dans la troisième et dernière partie, &quot;Les deux rêves&quot;), le couple sanglant Robespierre-Marat apparaît comme l'héritier de la Catherine de la Saint-Barthélémy, en image en quelque sorte inversée: ce que Catherine fit (ou voulut faire) au profit de la Couronne par le meurtre des Réformés, les Jacodins le firent au profit du Peuple par la Terreur. Bon, il faut le reconnaître, le tout dans un esprit horriblement conservateur, où Balzac, en apologiste du crime d'Etat, ne donne pas vraiment son meilleur...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2009/02/19/mort-aux-idees.html</guid>
<title>Mort aux idées</title>
<link>http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2009/02/19/mort-aux-idees.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (fraprost)</author>
<category>La pensée du jour</category>
<pubDate>Thu, 19 Feb 2009 18:15:38 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Egalement sous la plume de &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Dumas&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; dans &lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;La Dame de Monsoreau&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; (éd. Folio, p. 479-480), ce conseil avisé donné par le duc de Guise au roi&amp;nbsp; Henri III :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;&quot;– Les hommes, continua le duc, les hommes sont visibles, palpables, mortels ; on les joint, on les attaque, on les bat ; et, quand on les a battus, on leur fait leur procès et on les pend, ou mieux encore. (...) Mais les idées, continua le duc, on ne les rencontre point ainsi. Sire, elles se glissent invisibles et pénétrantes ; elles se cachent surtout aux yeux de ceux-là qui veulent les détruire ; abritées au fond des âmes, elles y projettent de profondes racines ; et plus on coupe les rameaux imprudents qui sortent au dehors, plus les racines intérieures deviennent puissantes et inextirpables. Une idée, sire, c'est un nain géant qu'il faut surveiller nuit et jour ; car l'idée qui rampait hier à vos pieds demain dominera votre tête. Une idée, sire, c'est l'étincelle qui tombe sur le chaume, il faut de bons yeux en plein jour pour deviner les commencements de l'incendie, et voilà pourquoi, sire, des millions de surveillants sont nécessaires.&quot;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Heureusement, tout cela, c'est de l'histoire ancienne.&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2009/01/10/subtilite-adverbiale.html</guid>
<title>Subtilité adverbiale</title>
<link>http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2009/01/10/subtilite-adverbiale.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (fraprost)</author>
<category>La pensée du jour</category>
<pubDate>Sat, 10 Jan 2009 11:11:39 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avez-vous remarqué que dans le monde de &lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;b&gt;Proust&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;, en règle générale, on n'est pas (simplement) riche: Madame Verdurin est &quot;&lt;b&gt;&lt;i&gt;excessivement&lt;/i&gt; riche&lt;/b&gt;&quot;, de même lady Rufus Israels (la tante de Swann), Norpois est &quot;&lt;b&gt;&lt;i&gt;colossalement&lt;/i&gt; riche&lt;/b&gt;&quot;, etc. Tout est dans l'adverbe, &lt;i&gt;évidemment&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2008/12/14/inutile-la-princesse-de-cleves.html</guid>
<title>Inutile, La Princesse de Clèves?</title>
<link>http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2008/12/14/inutile-la-princesse-de-cleves.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (fraprost)</author>
<category>La pensée du jour</category>
<pubDate>Sun, 14 Dec 2008 19:04:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comme on sait, un Grand Homme contemporain (petit par la taille, mais immense par l'esprit) a pris, il y a peu, &lt;i&gt;La Princesse de Clèves&lt;/i&gt; en exemple de connaissance inutilement fourguée aux jeunes esprits innocents par une Education Nationale ignorante des vraies valeurs de la vraie vie et complètement à côté de la plaque.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Apparemment, le petit Marcel avait commis la même erreur d'appréciation, si l'on en croit ce passage, consacré à la musique, qui peut aussi bien s'appliquer à la littérature et l'évoque :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&quot;Il savait que le souvenir même du piano faussait encore le plan dans lequel il voyait les choses de la musique, que le champ ouvert au musicien n'est pas un clavier mesquin de sept notes, mais un clavier incommensurable, encore presque tout entier inconnu, où seulement çà et là, séparées par d'épaisses ténèbres inexplorées, quelques−unes des millions de touches de tendresse, de passion, de courage, de sérénité, qui le composent, chacune aussi différente des autres qu'un univers d'un autre univers, ont été découvertes par quelques grands artistes qui nous rendent le service, en éveillant en nous le correspondant du thème qu'ils ont trouvé, de nous montrer quelle richesse, quelle variété, cache à notre insu cette grande nuit impénétrée et décourageante de notre âme que nous prenons pour du vide et pour du néant. Vinteuil avait été l'un de ces musiciens. En sa petite phrase, quoiqu'elle présentât à la raison une surface obscure, on sentait un contenu si consistant, si explicite, auquel elle donnait une force si nouvelle, si originale, que ceux qui l'avaient entendue la conservaient en eux de plain−pied avec les idées de l'intelligence. Swann s'y reportait comme à une conception de l'amour et du bonheur dont immédiatement il savait aussi bien en quoi elle était particulière, qu'il le savait pour &lt;i&gt;La princesse de Clèves&lt;/i&gt; ou pour &lt;i&gt;René&lt;/i&gt;, quand leur nom se présentait à sa mémoire. Même quand il ne pensait pas à la petite phrase, elle existait latente dans son esprit au même titre que certaines autres notions sans équivalent, comme la notion de lumière, de son, de relief, de volupté physique, qui sont les riches possessions dont se diversifie et se pare notre domaine intérieur. Peut−être les perdrons−nous, peut−être s'effaceront−elles, si nous retournons au néant. Mais tant que nous vivons, nous ne pouvons pas plus faire que nous ne les ayons connues que nous ne le pouvons pour quelque objet réel, que nous ne pouvons par exemple douter de la lumière de la lampe qu'on allume devant les objets métamorphosés de notre chambre d'où s'est échappé jusqu'au souvenir de l'obscurité. Par là, la phrase de Vinteuil avait, comme tel thème de Tristan par exemple, qui nous représente aussi une certaine acquisition sentimentale, épousé notre condition mortelle, pris quelque chose d'humain qui était assez touchant. Son sort était lié à l'avenir, à la réalité de notre âme dont elle était un des ornements les plus particuliers, les mieux différenciés. Peut−être est−ce le néant qui est le vrai et tout notre rêve est−il inexistant, mais alors nous sentons qu'il faudra que ces phrases musicales, ces notions qui existent par rapport à lui, ne soient rien non plus. Nous périrons, mais nous avons pour otages ces captives divines qui suivront notre chance. Et la mort avec elles a quelque chose de moins amer, de moins inglorieux, peut−être de moins probable.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;(&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;i&gt;Du côté de chez Swann&lt;/i&gt;, Pléiade t. 1, 1987, pp.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;343-344)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Heureusement, tout de même, que nous avons, nous, un phare de la pensée pour éclairer notre aveuglement.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais soyons justes envers notre Grand Homme: on peut le soupçonner de tout, mais certainement pas d'avoir lu &lt;i&gt;La Recherche&lt;/i&gt; (ni &lt;i&gt;La Princesse de Clèves&lt;/i&gt;, d'ailleurs).&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2008/12/14/nenuphars-nerastheniques-et-parents-dantesques.html</guid>
<title>Nénuphars neurasthéniques et parents dantesques</title>
<link>http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2008/12/14/nenuphars-nerastheniques-et-parents-dantesques.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (fraprost)</author>
<category>La pensée du jour</category>
<pubDate>Sun, 14 Dec 2008 13:04:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Juste pour le plaisir, cette page merveilleuse inspirée par le souvenir d'une promenade le long de la Vivonne:&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;b&gt;&quot;Bientôt le cours de la Vivonne s'obstrue de plantes d'eau. Il y en a d'abord d'isolées comme tel nénufar à qui le courant au travers duquel il était placé d'une façon malheureuse laissait si peu de repos que, comme un bac actionné mécaniquement, il n'abordait une rive que pour retourner à celle d'où il était venu, refaisant éternellement la double traversée. Poussé vers la rive, son pédoncule se dépliait, s'allongeait, filait, atteignait l'extrême limite de sa tension jusqu'au bord où le courant le reprenait, le vert cordage se repliait sur lui−même et ramenait la pauvre plante à ce qu'on peut d'autant mieux appeler son point de départ qu'elle n'y restait pas une seconde sans en repartir par une répétition de la même manoeuvre. Je la retrouvais de promenade en promenade, toujours dans la même situation, faisant penser à certains neurasthéniques au nombre desquels mon grand−père comptait ma tante Léonie, qui nous offrent sans changement au cours des années le spectacle des habitudes bizarres qu'ils se croient chaque fois à la veille de secouer et qu'ils gardent toujours ; pris dans l'engrenage de leurs malaises et de leurs manies, les efforts dans lesquels ils se débattent inutilement pour en sortir ne font qu'assurer le fonctionnement et faire jouer le déclic de leur diététique étrange, inéluctable et funeste. Tel était ce nénufar, pareil aussi à quelqu'un de ces malheureux dont le tourment singulier, qui se répète indéfiniment durant l'éternité, excitait la curiosité de Dante, et dont il se serait fait raconter plus longuement les particularités et la cause par le supplicié lui−même, si Virgile, s'éloignant à grands pas, ne l'avait forcé à le rattraper au plus vite, comme moi mes parents.&quot;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;Proust, &lt;i&gt;Du côté de chez Swann&lt;/i&gt;, Pléiade t. 1, 1987, pp. 166-167&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2008/12/08/cri-du-coeur-flaubertien.html</guid>
<title>Cri du coeur flaubertien</title>
<link>http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2008/12/08/cri-du-coeur-flaubertien.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (fraprost)</author>
<category>La pensée du jour</category>
<pubDate>Mon, 08 Dec 2008 21:20:55 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;... Et puisque j'ai &lt;i&gt;&lt;b&gt;Madame Bovary&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; en main, voici, pour faire de beaux rêves lettrés, en guise de &lt;span style=&quot;color: #333399;&quot;&gt;&lt;i&gt;Pensée du jour&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;, ce magnifique passage évoquant le mépris de Rodolphe pour les déclarations d'Emma:&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #333399;&quot;&gt;&lt;b&gt;&quot;Parce que des lèvres libertines ou vénales lui avaient murmuré des phrases pareilles, il ne croyait que faiblement à la candeur de celles-là; on en devait rabattre, pensait-il, les discours exagérés cachant les affections médiocres; comme si la plénitude de l'âme ne débordait pas quelquefois par les métaphores les plus vides, puisque personne, jamais, ne peut donner l'exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni de ses douleurs, et que la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles.&quot;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;(Folio, p. 265-266).&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2008/11/20/le-secret-des-grandes-carrieres.html</guid>
<title>Le secret des grandes carrières</title>
<link>http://francoisprost.hautetfort.com/archive/2008/11/20/le-secret-des-grandes-carrieres.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (fraprost)</author>
<category>La pensée du jour</category>
<pubDate>Thu, 20 Nov 2008 19:36:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;... vous est révélé par l'excellent &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #993366;&quot;&gt;J. Saramago&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;, dans ce court extrait de conversation entre trois policiers (un commissaire et ses deux subalternes), ayant pris leurs quartiers dans une planque pour surveiller des suspects :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #3366ff;&quot;&gt;&quot;Les auxiliaires débarrassèrent la table et emportèrent vaisselle et reliefs dans la cuisine, Maintenant allons nous préparer, ça ne demandera qu'un instant, Attendez, interrompit le chef, puis, s'adressant au premier auxiliaire, Sers-toi de ma salle de bains, sinon nous ne sortirons jamais d'ici. Le bénéficiaire de cette invitation rougit de plaisir, sa carrière venait de faire un grand bond en avant, il allait pisser dans les gogues du chef.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993366;&quot;&gt;&lt;i&gt;La lucidité&lt;/i&gt;, tr. Points-Seuil, p. 235.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cela dit, ce commissaire chef est un très mauvais esprit: écoutez donc ce qu'il ose affirmer plus loin en réponse à la suspecte n°1 s'étonnant de l'absurdité de l'accusation formulée contre elle:&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&quot;J'ai appris dans mon métier que ceux qui gouvernent non seulement ne s'arrêtent pas devant ce que nous appelons des absurdités, mais encore qu'ils s'en servent pour assoupir les consciences et annihiler la raison.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #993366;&quot;&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 325.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Heureusement, c'est un roman portugais, et de surcroît en forme d'utopie. Qui aurait l'idée d'avancer une pareille monstruosité dans notre beau pays?&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
</channel>
</rss>