26/01/2011

Quevedo en poche

9782070435968FS.gifFrancisco de Quevedo, Les Furies et les Peines. 102 Sonnets, choix, présentation et traduction de Jacques Ancet, édition bilingue, Poésie/Gallimard, 2010, 300 p.

 

Inutile de présenter la collection Poésie/Gallimard ; disons seulement que certains volumes sont plus remarquables que d’autres, pour diverses raisons. Parmi les derniers sortis, en tout cas, mérite sans doute une mention spéciale cette très belle sélection d’une centaine de sonnets tirés de l’œuvre poétique de Quevedo, auteur monumental du Siècle d’Or certainement beaucoup trop peu connu en France – et d’ailleurs jusqu’à ce jour à peu près ignoré, au-delà du nom, de votre humble serviteur.

Je serais tenté de dire de cette édition si accessible qu’elle est parfaite en son genre : le choix des pièces donne une idée intéressante de l’ensemble d’une production très variée ; la traduction est très agréable à lire, dûment éclairée en fin de volume par des notes succinctes mais judicieuses, et elle aide comme il faut à lire ou déchiffrer l’original, même sans grande connaissance de l’espagnol (ma recette : dans votre cervelle, mettez un peu de français, un peu de latin, un peu d’italien ; touillez ; c’est prêt !) – puisque ledit original est présenté en regard, ce qui devrait être une quasi-obligation pour la poésie étrangère, et qui est malheureusement si peu souvent le cas.

Last but not least, la substantielle introduction est passionnante, à la fois précise, instructive, et modeste ; c’est souvent (à mon goût) une faiblesse récurrente de la collection que de flanquer volontiers les textes proposés de présentations ampoulées, alambiquées, n'ayant souvent rien à envier à la poésie hermétique si ce n’est l’inspiration et le talent, et au bout du compte se réduisant à une logorrhée de mauvaise dissertation d’hypokhâgneux à prétentions pouêt-iques : on en sort en général sans rien savoir de plus sur l’auteur et son texte, mais en ayant perdu l’envie de le lire. Avec cette introduction-ci, on est aux antipodes de ce travers, et on ne le regrette pas. S’il vous reste encore trois sous des étrennes de votre tante Gudule dont vous ne savez pas quoi faire, je recommande cet investissement.

 

N.B. : Je découvre à cette occasion l’existence d’un beau site présentant le travail de J. Ancet : http://jancet.canalblog.com/

Commentaires

Je me pose la question. Qu'est-ce qui explique que sur ces blogs tout le monde s'improvise critique, ou vrp, littéraire ?
Vous même, vous n'avez pas quelque chose à dire ?

Écrit par : jo | 26/01/2011

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