05.02.2009

De la Sicile à la Sardaigne

agus pietre.jpgDécidément, les îles italiennes sont à l'honneur. La Sardaigne, à la différence de son auguste voisine (je ne parle pas de la Corse), n'est pas réputée pour avoir été de tout temps un fécond centre d'art et de culture... On lui doit pourtant (entre autres) un des plus curieux phénomènes littéraires de ces dernières années, en la personne de la romancière Milena Agus -- publiée de manière très confidentielle en Italie (notamment sous les jolies petites couvertures de Nottetempo) jusqu'à sa traduction en France (chez Liana Levi) qui en a fait un  succès immense chez nous étendu ensuite au monde entier... Belle revanche de l'écriture discrète et de qualité, sur les mammouths des gros tirages de très grêle substance -- je ne citerai personne, ils sont trop nombreux.

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Bref, on la trouve maintenant partout, et facilement chez nous: Mal de pierres, le roman qui l'a 'lancée', vient d'être repris en Livre de Poche (5€) -- accompagné de surcroît de la traduction d'une plaquette publiée en Italie sous le titre 'Perché scrivere' (pourquoi écrire?) -- et Liana Levi, outre ce titre et le suivant (Battements d'ailes -- mais que je n'ai pas encore lu), vient aussi de sortir, dans sa collection de poche "Piccolo", un court texte -- en fait, une nouvelle -- Mon voisin (3€). Autrement dit, vous n'avez plus aucune excuse.

En tout cas, Mal de pierres et Mon voisin sont deux très beaux titres que je vous recommande chaudement: magnifiques portraits de femmes, perdues quelque part entre amour, folie et tentation de la mort, mais cela sans une ombre de pathos, et avec une acuité rare appliquée à la beauté de choses et à la délicatesse des sentiments; des êtres comme de petits mondes au bord de gouffre, en même temps légers comme des plumes, et lourds d'une charge tragique constamment retenue, prompts à déchaîner contre eux-mêmes une violence qui ne trouve pas de mots pour s'exorciser...

Je vous laisse découvrir; si vous ne savez pas où placer vos stock-options et autres dividendes dûment fournis par la poche du contribuable finançant les triomphes du capitalisme français en général et neuilléo-élyséen en particulier, voilà de bons placements!

Commentaires

Bonjour,
Je partage entièrement votre avis sur Milena Agus. Sa plume est d'une grande originalité et nous attire avec force au coeur de ses récits. Sa grande sensibilité et son don du portrait écrit nous transportent dans une réalité sociale féminine dégagée de tout cliché et de toute revendication féministe. Et la cerise sur le gâteau est la clarté et la simplicité de ses mots, qui font de ces moments de lecture de véritables moments de détente. Bonnes lectures à toutes et tous.

Ecrit par : Nawel Laville | 08.02.2009

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