08.12.2008
Cri du coeur flaubertien
... Et puisque j'ai Madame Bovary en main, voici, pour faire de beaux rêves lettrés, en guise de Pensée du jour, ce magnifique passage évoquant le mépris de Rodolphe pour les déclarations d'Emma:
"Parce que des lèvres libertines ou vénales lui avaient murmuré des phrases pareilles, il ne croyait que faiblement à la candeur de celles-là; on en devait rabattre, pensait-il, les discours exagérés cachant les affections médiocres; comme si la plénitude de l'âme ne débordait pas quelquefois par les métaphores les plus vides, puisque personne, jamais, ne peut donner l'exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni de ses douleurs, et que la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles."
(Folio, p. 265-266).
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Commentaires
Evidemment iste Rodolphe, ce hobereau rustre, mal dégrossi, ce Dom Juan de basse-cour ( dont seule une imbécile comme Emma peut tomber raide-dingue ! ) ne saurait distinguer "la dissemblance des sentiments sous la parenté des expressions"! C'est, de mémoire, à peu près ce que dit Gustave, non ?
Mais la comparaison que vous avez séléctionnée n'est vraiment pas la plus réussie du plus grand des romans ....
Ecrit par : M.E. | 09.12.2008
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