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12.06.2008

Marché de la Poésie

A ne pas manquer :

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A la belle peinture

Profitez donc de l'ouverture de la librairie Le phénomène humain pour découvrir un choix de très belles oeuvres du peintre français contemporain Michel Henricot :

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Quelques autres photos ici

06.06.2008

A méditer

Comme dit "Le Troll"®, "bien vu l'aveugle!" :

"(...) S'il est aisé d'affirmer qu'à peu près tout le monde est sensible à la misère du monde, il l'est tout autant de constater que, par la suite, la réalité de chacun de nous, le quotidien finit par 'reprendre ses droits'. Mais il reste pour le moins étonnant de constater que les gens se comportent de la même façon face aux graves problèmes écologiques, qlors qu'il y va pourtant de leur propre survie. L'homme et la femme modernes arborent ce petit sourire au coin de la bouche, ce regard paternaliste et compréhensif à l'égard de ces 'graves problèmes', qu'ils sont les premiers à considérer comme très importants. Mais, mais, mais, il y a quand même le quotidien, ce qu'ils appellent, étonnamment, la 'réalité', voir le principe de réalité...
De sorte que l'homme moderne nomme 'réalité' les gestes quotidiens à travers lesquels, justement, il fait abstraction de tout ce qui est le réel même de la vie de chacun de nous, voire de la vie tout court. Triomphe, sans doute, de la société du spectacle que l'on pourrait appeler aujourd'hui 'société virtuelle'. Autrement dit, triomphe de l'inversion qui fait que les gens nomment 'réalité' un agencement d'abstractions virtuelles qui n'ont rien à voir avec le réel de leur propre vie; et ils qualifieront systématiquement d' 'abstrait' tout ce qui a à voir avec le devenir et le réel le plus concret."

M. Benasayag, Le mythe de l'individu, La Découverte 2004, p. 21.

 
"Le Troll"® est une marque (d'affection) déposée. 

Bestiaire en latin

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Et plus généralement : lien 

 Avec un grand merci à Cochonfucius (lien) pour le tuyau !

Deux sublimes chroniques

 

rezende ibis rouge.jpgUne gentille... (lien)

 

 

 

francoeur.jpg...Une pas gentille (lien)

05.06.2008

Orateur vache

J'aime bien cette rosserie adressée par l'orateur Aper aux talents poétiques de César, Brutus et Cicéron, sous la plume de Tacite:

"(César et Brutus) ont fait aussi des poésies, qui figurent dans les bibliothèques; en vers, ils n'ont pas eu plus de talent que Cicéron, mais plus de chance, parce que moins de gens savent qu'ils en ont composé."

V.O.: "Fecerunt enim et carmina et in bibliothecas rettulerunt, non melius quam Cicero, sed felicius, quia illos fecisse pauciores sciunt." 

Dialogue des orateurs, XXI, 6 (trad. CUF). 

04.06.2008

Paroles dans la nuit

... Et pour faire de beaux rêves, une jolie pensée de Philippe Breton, évoquant l'usage préhistorique de la parole pour communiquer dans l'obscurité de la nuit:

"Imagine-t-on le pouvoir du son dans la nuit, les images que ces paroles orales font naître dans les consciences? Imagine-t-on les premiers mots, les premiers récits, qui résonnent dans le noir, ouvrant la voie à l'existence d'un monde sans réalité, imaginaire, loin de la bouche invisible de celui qui les raconte? Grâce à la parole, le monde s'éclaire et se rend visible, même dans l'obscurité la plus profonde."

Eloge de la parole, La Découverte, 2007, pp. 35-36. 

Malvenu

A propos d'un personnage de J. Saramago, qui n'aime pas son deuxième prénom de Benvindo, "Bienvenu":

"Chez Raimundo Benvindo Silva, les motifs (...) sont aujourd'hui pour certains d'ordre exclusivement esthétique, car il ne trouve pas euphonique la juxtaposition de deux gérondifs, et pour d'autres d'ordre éthique et pour ainsi dire ontologique, car selon sa façon de voir désabusée, seule une ironie extrêmement noire pourrait tenter de faire croire que qui que ce soit est vraiment bienvenu en ce monde, ce qui n'est nullement en contradiction avec l'évidence que certains s'y trouvent fort bien installés."

Histoire du siège de Lisbonne, Points-Seuil, p. 32. 

03.06.2008

Pirates !

... Et puisqu'on est dans les remugles de l'enfance, je vous invite à une petite séance de régression sans complexe, avec la (re)lecture de L'Île au Trésor, de R. L. Stevenson -- dans l'édition-traduction de Marc Porée, en Folio (reprenant le texte paru dans le volume de la Pléiade), qui est vivante et agréable -- même si la couverture est plutôt moche, à mon goût. La préface est un peu verbeuse, un peu "dissert' de concours", mais au demeurant intéressante et instructive.
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Quant au roman lui-même, croyez-moi, ça marche bien, c'est toujours très efficace ... et comme toujours, ça vaut mille fois mieux qu'une soirée TF1 avec un plateau-télé. 

Enfances

A découvrir :

81858261.jpgAntonio Ungar, Les oreilles du loup, Les Allusifs :

Peut-être pas un chef d'oeuvre, mais un beau texte, original et émouvant -- tout perçu et écrit du point de vue d'un gamin de cinq ans, ballotté dans les tumultes de la vie plus ou moins errante de sa mère, après le départ de son père, en divers coins de la Colombie. Ce sont surtout les magnifiques descriptions d'un monde à la fois fascinant et encore magique (pour l'enfant) qui m'ont touché -- et aussi le traitement du thème de la perte et de l'abandon (concernant le père qui a quitté le foyer, comme de la naissance d'une nouvelle affection pour l'homme auquel la mère se lie.

Ce qui m'a paru moins réussi, c'est l'équilibre entre le point de vue enfantin et le discours, qui rend parfois la fiction peu crédible... Mais bon, l'auteur est né en 1974, autant dire un bébé, qui a tout le temps pour progresser...

1932629736.jpgDe ce point de vue, je recommande, d'une plume pour le moins aguerrie, Scènes de la vie d'un jeune garçon (en V.O., Boyhood), de J.M. Coetzee, qui évoque son enfance sud-africaine en maintenant cet équilibre parfait entre ce que pouvait être sa perception de l'époque, et la distance qui en sépare l'auteur d'âge mûr -- distance d'ailleurs marquée par le fait que Coetzee parle de lui-même à la troisième personne. C'est aussi l'évocation de tout un monde de Blancs modestes, profondément divisé entre Anglo-saxons et Afrikaaners, seulement rapprochés dans leur confrontation avec les Noirs et Métis, cela avant la mise en place du régime d'apartheid (le récit se situe dans les années 40-50). On y trouve tout, le rapport d'amour ambigu à la mère, le mépris pour le père, le sentiment précoce d'injustice sociale et raciale et d'illégitimité de l'occupation blanche, et le rapport quasi fusionnel à la terre d'Afrique, notamment dans la ferme de famille... Magnifique...

 

A poursuivre, du reste, par le récit de la jeunesse du même, centré sur son expérience de l'exil en Angleterre (Vers l'âge d'homme -- V.O. Youth), qui évoque en particulier, et avec pas mal d'humour, les difficultés existentielles rencontrées par le futur Prix Nobel, tiraillé entre sa 'vocation' d'écrivain, et le sentiment d'impuissance et d'échec de celui qui n'a pas encore trouvé sa voie, ni sa voix.

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 (merci à Suzanne pour le conseil de lecture.)

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