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16.04.2008

Droit au but

La poésie prend (parfois) toutes les formes, même celle d'un ballon de foot -- par exemple dans Le virtuose, roman de Hernan Rivera Letelier (Métailié, 2008, p. 133), où il est fort question dudit foot, jusque dans les déclarations d'amour :

« Tu es plus belle que le premier ballon de foot qu’on m’a offert quand j’étais gosse. Et ton parfum est le meilleur du monde : tu as l’odeur d’un but, lui dit-il en respirant son cou et en l’embrassant délicatement ». 

On peut essayer aussi avec d'autres ustensiles, par exemple :

« tu es plus belle que le premier Kärcher qu’on m’a offert quand j’étais gosse. Et ton parfum est le meilleur du monde : tu as l’odeur d’une expulsion, lui dit-il en respirant son cou et en l’embrassant délicatement »

Mais je ne sais pas pourquoi, l'effet n'est plus le même... Magie de la poésie, allez savoir... 

Commentaires

Je ne suis pas "poëte-poëte", ni critique littéraire en matière de poésie, mais il me paraît que pareilles comparaisons auront du mal à passer pour poétiques - a fortiori à séduire des femmes normalement constituées ... autant dire toutes celles qui n'ont aucun goût pour le ballon rond, et encore moins pour les allumé(e)s du foot !

Ecrit par : Sappho | 16.04.2008

J'avais écrit une charmante fable intitulée "La plume et l'encrier"

http://emplumologie.canalblog.com/archives/2008/04/10/8735438.html

mais un certain Cochonfucius me l'a travestie

http://lutecium.org/stp/cochonfucius/que-de-choses.html

en remplaçant la plume par un objet trivial et l'encrier par on ne sait quel récipient dans lequel la poésie ne saurait se conserver. Votre siècle me semble être celui du désenchantement du monde.

Ecrit par : Hans Christian Andersen | 17.04.2008

J'avais écrit un poème, mais qui n'était pas à la gloire du ballon de foot, mais de la bouteille ronde et grumelée d'Orangina

http://bluemoon.tuxfamily.org/LaBalladeDOranginaChantPremier.html

tous les objets poétiques sont concevables dans l'univers !

Ecrit par : Escape | 18.04.2008

Oui tout cela est très vrai, les objets poétiques peuvent être des plus prosaïques, mais je me demande si au fond nous ne sommes pas le peuple des ratés...

Ecrit par : Un raté | 19.04.2008

« Quand je me regarde, je me désole, mais quand je me compare, je me rassure », dit Jules Renard.

Bon, faut choisir avec qui on va se comparer. Mais sur plusieurs milliards de candidats, y a du choix.

Ecrit par : Cochonfucius | 22.04.2008

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