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29.03.2008

Amis gourmands...

... Une bonne adresse d'épicerie italienne :

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 Il Piccolo Capriccio, 114, Bd de Charonne - Paris XXème - Tél. 01 43 71 59 58

La patronne est un délice, son parmesan aussi... Vraiment un service rarement égalé, un vrai bonheur.

A côté, le resto tenu par le frérot, qui rouvrira la semaine prochaine après travaux :

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28.03.2008

Lorand Gaspar, Georges Séféris et le dentifrice américain

Du même Lorand Gaspar, à propos du même Georges Séféris :

J'ai fait un rêve étrange, me dit-il un matin en regardant du haut de la terrasse vers l'Acropole. Je revenais d'un long voyage et je suis arrivé à l'Acropole au milieu d'une foule où je ne connaissais personne et où personne ne me connaissait. Pourquoi cet attroupement? demandai-je aux gens autour. Alors quelqu'un m'explique qu'il y a une vente aux enchères et que si la firme américaine de dentifrice l'emporte, la Grèce va pouvoir émerger pour des décennies de ses difficultés économiques. Et effectivement, j'aperçois entre les colonnes une table couverte d'un tissu vert et, derrière la table, un homme barbu, à lunettes, vêtu d'un complet noir, un marteau d'ivoire à la main. Il avait l'air d'un chirurgien... Mais qu'est-ce qui est mis aux enchères? demandai-je. Alors le même bonhomme de m'expliquer que le gouvernement, pour sortir de l'impasse, a eu l'idée de mettre en vente le Parthénon. Ces vieilles pierres, disait-il, à quoi peuvent-elles bien nous servir? E t à l'instant même le marteau s'est abattu et les gens criaient tout autour: Adjugé! Adjugé! -- Les Américains l'ont eu, criait mon voisin hors de lui. Puis la foule s'est dispersée et je me suis retrouvé seul. J'ai vu le Parthénon horriblement mutilé, sans fronton et sans corniches, ses colonnes sculptées en forme de tubes de dentifrice aux couleurs criardes. Je me suis dressé sur mon lit en hurlant.

Journal de Patmos, in Egée, Poésie-Gallimard, p. 95. 

Lorand Gaspar, Georges Séféris et Agamemnon

J'aime beaucoup ce passage de l'émouvant témoignage du poète Lorand Gaspar sur son ami l'autre poète (grec) Georges Séféris:

Un des sujets auxquels il aime revenir est sa langue, la plus vieille et la plus jeune de toutes. 'Elle porte les empreintes de gestes et d'attitudes répétés à travers les âges jusqu'à nous', dit Georges. Je l'ai souvent écouté parler aux chauffeurs de taxi, aux villageois. Il palpait cette langue parlée comme on palpe un caillou ou un fruit. Il était à l'affût d'expressions, d'images qui venaient de très loin, en route peut-être depuis Homère ou les évangélistes. A l'affût aussi de toute tradition orale. Ainsi à Delphes un paysan lui dit près de la source de Castalia: 'Ces platanes là-bas sont ceux qu'a plantés Agamemnon lui-même. -- Agamemnon?' demanda Georges stupéfait et ravi. Le paysan jeta un regard condescendant sur cet ignare qui se trouvait sur son chemin. 'Bien sûr que c'est Agamemnon, reprit-il, qui voulez-vous que ce soit?' 

Journal de Patmos, in Egée, Poésie-Gallimard, p. 94-95. 

27.03.2008

Et de deux...

Deux beaux textes à découvrir,

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un espagnol : Ramon Sender, Requiem pour un paysan espagnol, Actes Sud - Babel : lien

 

 

 

 

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un argentin : Ricardo Güiraldes, Don Segundo Sombra, Sillage : lien 

25.03.2008

Contrôle grammaire L2 LC 15

 

Rappel pour vendredi28/08 : revoir :

- subjonctif actif (présent, imparfait; parfait, plus-que-parfait);

- Salluste, Conjuration, ch. XI

Le retour de ma sublime chronique

avec deux vieilles connaissances :

1759179450.jpgS. Gamboa, Les captifs du Lys Blanc, Métailié : lien

 

 

 

857720792.jpgG. Stuparich, L'île, Verdier : lien 

20.03.2008

"Les Français réfléchissent trop"

... du moins est-ce l'avis de notre brillante ministre de l'Economie et des Finances, Mme Lagarde, déjà un grand nom de la politique. Ce n'est apparemment pas celui de Marcel Conche, qui doit se contenter de n'être qu'un grand nom de la philosophie contemporaine:

"Philosopher me semble être la seule activité normale de l'homme: de l'homme quelconque, j'entends sans génie particulier, mais aussi bien de l'homme de génie (de l'artiste, du poète) en tant qu'il est, vivant et mourant, un homme comme un autre; car ce qui est normal pour l'homme, ce n'est pas -- pas simplement -- de mange, de boire, de dormir, d'aimer, toutes choses que les bêtes font aussi, ce n'est pas de vivre -- de se borner à vivre --, ni de travailler pour manger et de manger pour vivre, mais c'est de ne pas vivre sans réfléchir, c'est-à-dire sans se demander ce qu'il fait au monde, ce qu'est le monde, ce que signifie la vie -- bref, ce qui est normal pour l'homme, c'est de ne pas vivre sans philosopher. Devenir normal, c'est devenir philosophe: je raconte maintenant comment devenir philosophe, cela a signifié pour moi devenir grec."

1770918781.jpgSi l'histoire vous intéresse, jetez-vous à corps perdu sur les Essais sur Homère, très beau livre -- comme tous les livres dudit Conche -- publié aux PUF (réédition coll. Quadrige, 2002, 10€; citation p. 187).

19.03.2008

ça me rappelle quelqu'un...

... ce portrait de Gonzalez Videla (élu président de la république chilienne en 1946, sur un programme populaire, avant de virer dictateur d'extrême-droite), sous la plume de Pablo Neruda:

"En vérité, Gonzalez Videla n'entre pas dans le cadre des dictateurs latino-américains typiqes. Il y a chez le Bolivien Melgarejo ou chez le Vénézuelien Gomez des filons telluriques faciles à détecter. Ils sont marqués du signe d'une certaine grandeur et semblent obéir à une force à la fois désolée et implacable. Ce furent de vrais caudillos, qui affrontèrent les batailles et les balles.

Gonzalez Videla, au contraire, fut un produit des magouilles politiques, un frivole impénitent, un faible qui voulait jouer les durs.

Dans la faune de notre Amérique les grands dictateurs ont été des sauriens géants, survivants d'un féodalisme colossal sur des terres préhistoriques. Le Judas chilien apparaît, lui, comme un apprenti-despote et à l'échelle des sauriens ses dimensions ne dépassent pas celles d'un venimeux lézard. Pourtant, il fit ce qu'il fallut pour abattre le Chili ou tout au moins pour l'obliger à régresser dans son histoire. Les Chiliens se regardaient rouges de honte, sans bien comprendre comment ils en étaient arrivés là."

J'avoue que j'ai vécu, Folio, p. 264-265. 

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15.03.2008

Nourritures spirituelles

Souvenir de P. Michon, dans Vies minuscules (Folio, p. 162):

"(...) J'avais inconsidérément accepté un petit emploi à la Maison de la Culture: la promiscuité en laquelle il me fallait vivre avec de bons apôtres forts de leur mission civilisatrice et des fonctionnaires à hobbies, dans une constante surenchère de créativité dévote, m'exaspérait. Je me souviens de certains soirs de causerie littéraire: en haut, on parlait de poésie et de désir, du plaisir ineffable qu'on prend, dit-on, à composer des livres; en bas, ayant trouvé la clef de la cave où étaient stockées les bières du petit bar intérieur, je me saoulais sans vergogne."

Mauvais esprit

D'un coordonnier, dans Requiem pour un paysan espagnol, de R. Sender (Actes Sud - Babel):

"Les curés sont les gens qui se donnent le plus de peine au monde pour ne pas travailler." (p. 25)

"Les curés sont les seules personnes que tout le monde appelle père, sauf leurs enfants, qui les appellent oncle." (p. 53) 

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